CVT_Le-Dieu-Oiseau_1735




"Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de «l'homme-oiseau», afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?"







J'ai acheté ce livre lors d'un salon où j'ai eu l'occasion de rencontrer l'auteure, absolument adorable, et qui m'a donnée très envie de replonger dans son univers. J'avais déjà lu son roman "Le roi des fauves" il y a quelques mois, et le livre m'avait laissé une drôle d'impression. Il m'avait à la fois fascinée, horrifiée (l'auteure est particulièrement douée pour parler du côté obscur de l'être humain) et perturbée, car rien ne s'était passé comme je l'avais prévu dans cette histoire ! 
L'auteure m'a dit que celui-ci était dans le même esprit, mais avec une psychologie plus travaillée et une intrigue plus aboutie. Pour elle, "Le Dieu Oiseau" est son meilleur roman. Comment ne pas craquer ! J'ai dévoré le livre quelques jours après l'avoir acheté, et j'en suis ressortie avec la tête pleine de réflexions sur ma lecture, une envie de plus, et une fascination encore plus grande qu'avec "Le roi des fauves". J'ai adoré ce livre, pour sa complexité, sa psychologie et son ambiance extrêmement prenante. Les épreuves traversées m'ont fait retenir mon souffle, on va de surprises en surprises, on vit les choses en même temps que les personnages, on suit les réflexions de Faolan, on pense savoir où on va, et en réalité... Pas du tout. Attention toutefois, il n'est pas pour les âmes sensibles ! il y a beaucoup de violence et de détails crus.



Le roman se passe dans un univers à priori imaginaire, mais qui rappelle très fortement le royaume aztèque, ce qui m'a tout de suite plu. L'île où vivent les dix tribus est en pleine famine, la terre s'appauvrie, certaines zones sont devenues des déserts. Pour lutter contre cette "malédiction" et se faire pardonner les fautes de leurs ancêtres, depuis plus de 500 ans, les habitants de l'île doivent tous les dix ans organiser des jeux en l'honneur du Dieu Oiseau Mahoké. En réalité, cette quête n'est qu'une belle cérémonie pour camoufler l'horreur des sacrifices rituels massifs, voués à nourrir la soif de sang du dieu. Lors de ces jeux, tout est permis pour les sélectionnés, mais surtout le clan qui gagne se doit de brûler, détruire, massacrer, violer et dévorer, car le carnage nourrit le dieu et permet d'apaiser son esprit.



Ce qui guide Faolan et le pousse à vouloir participer, au début, c'est la peur. Son maître, entraîné toute sa vie en vue des épreuves, souhaite le sacrifier lors des jeux, et le seul moyen d'éviter cela est d'être sélectionné lui aussi. Mais rapidement c'est la rage qui se met à le guider, l'envie de vengeance, et notre héros attachant et "innocente victime" voit une dimension beaucoup plus sombre apparaître dans son esprit. Faolan n'est pas un gentil héros parfait, il est profondément humain, il a beaucoup souffert, et il semble en permanence tiraillé entre les différentes facettes de sa personnalité. J'ai adoré la complexité du personnage, son chemin n'est pas cousu de fil blanc, on ne sait jamais comment il va réagir. De même pour Torok, son "maître", on a beau savoir qu'il traite Faolan comme un esclave et prend plaisir à le maltraiter, on a du mal à le détester totalement, car il est plus complexe qu'un méchant de dessin animé.



En bref, une intrigue très prenante. Des personnages complexes et surprenants. Un univers fascinant, avec beaucoup de parallèles à la culture aztèque. Une fin qui fait réfléchir. Beaucoup de violence. Un coup de coeur pour moi !